« Samedi de l’économie » spécial du 16 décembre 2017

Les « samedis de l’économie » sont une initiative d’ARCADE soutenue par la Fondation Rosa Luxemburg

« Samedi de l’économie » spécial du 16 décembre 2017
Thème : Sortir de la servitude monétaire et accélérer le processus vers la monnaie unique de la CEDEAO

Lieu : Espace Harmattan, à partir de 9 heures

Introduction
Le débat sur l’avenir du franc CFA a été l’un des sujets dominants de l’actualité économique dans les pays membres de la zone franc. Le débat a vu la confrontation de deux camps : le camp de la servitude et celui de la souveraineté monétaire.
Le camp de la servitude est incarné par les dirigeants et les autorités des banques centrales africaines qui cherchent à préserver coûte que coûte le franc CFA, qui n’est pas une monnaie africaine et qui est l’un des symboles les plus tenaces du pacte néocolonial imposé aux pays africains au début des années 1960.
Symbole de servitude monétaire, le franc CFA viole également la souveraineté des pays africains sur le plan politique, étant donné que la monnaie est fondamentalement une question de souveraineté.
C’est toutes ces raisons qui expliquent le combat contre le franc CFA et tout ce qu’il incarne pour les pays africains. La lutte pour la souveraineté monétaire de ces pays, dans le cadre de la monnaie unique de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), est une lutte pour l’indépendance économique, sans laquelle l’indépendance politique reste un mot vide.
Le processus conduisant à la création de la monnaie unique est à la croisée des chemins. Les divergences d’approche entre chefs d’Etat et d’autres facteurs risquent de retarder encore l’échéance de 2020, prévue pour son adoption.
La demande d’adhésion du Maroc est un autre facteur à prendre en considération dans le débat sur la monnaie unique.
Quoi qu’il en soit, il semble bien que le projet de la CEDEAO offre les meilleures chances pour mettre fin à l’existence du franc CFA. C’est dans cette perspective que cette Conférence internationale a été organisée pour mobiliser l’opinion et montrer l’avancée que constituerait la monnaie unique pour les pays de la CEDEAO mais également pour le continent. En effet, il y a fort à parier que la monnaie unique donnerait un coup de fouet aux projets de l’Union africaine, dont la création d’un Fonds monétaire et d’une Banque centrale, en prélude à la création d’une monnaie africaine.

Les intervenants
Les principaux intervenants à cette séance exceptionnelle sont des acteurs, engagés de longue date dans le combat contre la servitude monétaire de l’Afrique.
1) Le Professeur Mamadou Koulibaly, économiste de renom et auteur du livre « La souveraineté monétaire des pays africains, publié en 2009, à L’Harmattan, à Paris. Il est également auteur de plusieurs articles sur la question du franc CFA. Il est en même temps un homme politique de premier plan en Côte d’Ivoire, où il fut président de l’Assemblée nationale pendant plusieurs années
2) Martial Ze Belinga, du Cameroun, est économiste et chercheur. Il a codirigé le livre « Sortir l’Afrique de la servitude monétaire. A qui profite le franc CFA ? », publié en 2016. Il est membre du Comité rédactionnel de la revue Présence africaine à Paris
3) Michel Maso est directeur de la Fondation Gabriel Péri, qui avait organisé un Colloque international sur la zone franc, à Paris, en septembre 2015.
4) Ndongo Samba Sylla, chercheur à la Fondation Rosa Luxemburg, co-auteur du livre « Sortir l’Afrique de la servitude monétaire. A qui profite le franc CFA ? ».
5) Demba Moussa Dembélé, président de l’ARCADE, co-directeur du livre « Sortir l’Afrique de la servitude monétaire. A qui profite le franc CFA ? »

PS : Notre collègue, Kako Nubukpo, qui devait participer à la rencontre de Dakar, sera finalement absent, suite à son éviction brutale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), par suite de pressions de chefs d’Etat africains, dont Alassane Ouattara de Côte d’Ivoire, pour ses positions contre la servitude monétaire. Nous publierons une Déclaration de soutien à notre collègue lors de la rencontre.