Samedi de l’économie du 9 juin 2018 au Centre Amadou Malick Gaye (ex-centre de Bopp)

« Samedi de l’économie » du 9 juin 2018
Thème: La problématique du financement de l’enseignement supérieur
Lieu : Centre Amadou Malick Gaye (ex-centre de Bopp), à 14 heures

Introduction
La crise universitaire, marquée par des grèves récurrentes, tant des professeurs que des étudiants, est révélatrice d’un profond malaise de l’enseignement supérieur au Sénégal. Depuis l’avènement des programmes d’ajustement structurel par la Banque mondiale et le Fonds monétaire international, on a assisté à une descente aux enfers de l’université sénégalaise. Les derniers évènements, intervenus à l’Université Gaston Berger, avec la mort de l’étudiant Fallou Sène, ont suscité une profonde émotion dans tout le pays. La cause principale de ces évènements est le retard persistant du paiement des bourses. Ce fut le cas en 2014, avec la mort de l’étudiant Bassirou Faye, dans des circonstances similaires à l’UCAD. Ces évènements tragiques sont le reflet d’une profonde crise de financement de l’enseignement et de la recherche au Sénégal.

1) La problématique du financement
Au Sénégal et dans d’autres pays africains, le financement de l’éducation en général, et de l’enseignement supérieur en particulier, a toujours été une des questions les plus difficiles à gérer par les pouvoirs publics. Les différents gouvernements sénégalais prétendent que l’éducation au sens large, absorbe près de 40% du budget national ou 6% du produit intérieur brut (PIB). Mais, paradoxalement, c’est le secteur qui connaît le plus de problèmes.

Plusieurs facteurs peuvent expliquer cela. Il y a d’abord, l’absence d’une vision claire sur le rôle et la place de l’enseignement supérieur dans le processus de développement du pays. Ce qui fait que ce secteur n’a peut-être pas la place qui lui convient dans le choix des priorités dans la planification du développement. Un autre facteur est l’incapacité de l’Etat à mobiliser des ressources pour faire face aux besoins d’un secteur aussi stratégique. Enfin, on peut ajouter l’influence des institutions financières internationales, qui imposent des politiques tendant à reléguer au second plan l’enseignement supérieur et la recherche. Tous ces facteurs ont entraîné une crise récurrente du secteur.

2) Quelles solutions ?
La crise du financement de l’enseignement supérieur n’est nullement un problème conjoncturel. Il est structurel et profond. L’éducation en général, et l’enseignement supérieur et la recherche en particulier, peuvent-ils dépendre de la bonne volonté de bailleurs de fonds, qui ont des priorités qui ne correspondent pas nécessairement à celles du pays ? Il va de soi qu’aussi longtemps que l’Etat ne sera pas en mesure de mobiliser les ressources propres pour financer les secteurs vitaux de son développement, il ne sera pas en mesure d’apporter une solution durable au financement de l’enseignement supérieur. Et pourtant, les ressources existent dans les pays. Il est établi que le Sénégal, comme d’autres pays africains, perd plusieurs milliards de dollars par an, du fait de l’inefficacité du système fiscal et des exonérations massives accordées aux investisseurs privés étrangers pour les attirer.

Alors, quelles politiques publiques faudrait-il mettre en œuvre pour trouver des ressources pérennes destinées à financer l’enseignement supérieur et la recherche? Le débat a été déjà posé par plusieurs organisations de la société civile. Cette séance est une contribution à ce débat.

Le Conférencier
Pour l’introduire, ARCADE a invité le professeur Babacar Diop « Buuba », de l’UCAD, qui connaît bien le fond du problème pour avoir détenu plusieurs fonctions au sein de l’Université et participé à de multiples rencontres sur la question du financement de l’enseignement supérieur. Professeur titulaire à la FLSH, il est l’un des fondateurs et le premier Secrétaire exécutif du SAES. Il fut également médiateur pendant plusieurs années.

En outre, le Pr. Buuba Diop est un membre actif du mouvement social sénégalais et panafricain. Il est président de la PAALAE, une organisation panafricaine d’éducation des adultes. Il est membre de la COSYDEP, une coalition militant pour le financement d’une éducation de qualité au Sénégal à partir de ressources publiques. C’est dire que le Pr. Buuba Diop maîtrise cette problématique de financement de l’éducation en général, et de l’enseignement supérieur en particulier.

Agenda: exceptionnellement, la séance sera organisée dans l’après-midi

13:00-13:30: Inscriptions

13:30-13:45: Introduction par ARCADE

14:00-14:30: Présentation du Pr. Buuba Diop

14:30-15:45: Débats

15:45-16:00: Synthèse & conclusion

16:00-16:30: Cocktail