« Samedi de l’économie » du 8 juillet 2017

Lieu : Centre de Bopp

Thème : L’impérialisme : de Lénine à aujourd’hui.

Introduction
Cette année marque le centenaire de la Grande Révolution d’Octobre, sous la direction de Vladimir Illich Oulianov, plus connu sous le nom de Lénine. En dépit des vicissitudes de l’histoire, cette Révolution a marqué un pas de géant dans l’évolution de l’Humanité, dans l’accélération de l’histoire universelle. La Révolution d’Octobre a inspiré les autres grandes révolutions du 20e siècle –les révolutions chinoise, vietnamienne, cubaine, coréenne – et tous les mouvements visant à l’émancipation des peuples du joug du colonialisme et de l’impérialisme, comme les guerres et mouvements de libération en Afrique, en Amérique latine et dans les Caraïbes.

L’année 2017 est également celle du centenaire de la publication du fameux livre de Lénine, L’impérialisme, stade suprême du capitalisme, qui a établi un lien direct entre capitalisme, guerres pour le partage du monde, pillage des ressources des peuples conquis et oppression.
L’analyse de Lénine
Dans Impérialisme, stade suprême du capitalisme, Lénine montre que l’impérialisme est une phase particulière du développement du capitalisme, parvenu au stade des monopoles. Cette phase se caractérise par une grande concentration du capital, donc du pouvoir économique et financier, entre les mains d’une poignée de grands groupes industriels et financiers.
Une telle concentration du capital a pour conséquence la constitution d’un énorme surplus, qui ne peut s’investir qu’à l’extérieur pour assurer la survie du système. D’où la course vers la conquête de territoires et de ressources à l’étranger. Comme toutes les puissances industrielles du 19e siècle étaient confrontées au même problème, cette course donna lieu à une lutte acharnée pour le partage du monde, entraînant ainsi des guerres entre puissances impérialistes. Les deux guerres « mondiales » et les guerres locales des 19e et 20e siècles en sont l’illustration.

Et l’Afrique aura payé le prix fort de la course impérialiste pour le partage du monde.

Perspectives africaines sur l’impérialisme
Cela est illustré par la Conférence de Berlin de triste mémoire, au cours de laquelle les principales puissances impérialistes du 19e siècle se partagèrent le continent et procédèrent au pillage systématique de ses ressources et à l’exploitation de sa main-d’œuvre.

L’analyse de Walter Rodney
Dans Comment l’Europe a sous-développé l’Afrique, publié pour la première fois en 1972 en Tanzanie, Walter Rodney, citoyen de la Guyane britannique, démontre, chiffres à l’appui, comment l’industrialisation de l’Europe, au 19e siècle, est basée sur le pillage des ressources de l’Afrique, le contrôle de ses marchés et l’exploitation de sa main-d’œuvre. Cet ouvrage contribua de façon magistrale à la déconstruction du discours impérialiste sur « le retard » et le « sous-développement » de l’Afrique.

L’analyse du président Nkrumah
Pour le président Nkrumah, la fin de l’occupation physique des territoires conquis ne met pas fin à la domination impérialiste. En effet, le néocolonialisme peut être considéré comme une autre phase de l’impérialisme, comme il le démontre dans Le néocolonialisme, stade suprême de l’impérialisme, publié en 1964. En fait, les « indépendances » formelles n’ont pas fondamentalement changé les relations entre dominants et dominés. Le contrôle des secteurs-clés des anciennes colonies, la présence de bases militaires des anciennes puissances coloniales et la faiblesse des Etats « indépendants » sont autant de facteurs qui illustrent la continuité de la domination et du pillage sous tous les rapports.

L’impérialisme collectif selon Samir Amin
Samir Amin affirme que la principale mutation de l’impérialisme au 21e siècle est l’atténuation des rivalités entre puissances impérialistes traditionnelles et la constitution d’un impérialisme collectif dirigé par les Etats-Unis. Les instruments économiques de cet impérialisme sont la Banque mondiale, le Fonds monétaire international et l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Ses bras armés sont l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN), l’armée des Etats-Unis et les armées des alliés subalternes, comme la France, le Royaume Uni.

L’impérialisme au 21e siècle
Les caractéristiques analysées par Lénine au 19e siècle se sont accentuées :
• Domination du capital financier sur l’économie réelle.
• Extrême concentration du pouvoir économique et financier : monopoles financiarisés.
• Accroissement des inégalités et baisse du pouvoir d’achat des classes populaires.
• Expansion des paradis fiscaux qui accentuent le pillage de l’Afrique et des pays du Sud, victimes des flux financiers illicites et de la fuite des capitaux.

Sur le plan géostratégique, la Triade impérialiste cherche à :
• Militariser la planète entière pour le contrôle des ressources (Irak ; Libye ; Syrie).
• Semer le chaos généralisé, d’où émergerait un nouvel ordre mondial qui lui serait favorable.

L’Afrique dans la stratégie impérialiste
L’Afrique est devenue la nouvelle frontière de la mondialisation capitaliste en profonde crise. A la crise économique s’est greffée une crise idéologique, avec la remise en cause de certaines valeurs cardinales du capitalisme. Le mythe du « libre-échange » est en train de voler en éclats, à la suite de l’effondrement du fondamentalisme de marché. Les politiques protectionnistes trouvent de plus en plus de soutien, aux Etats-Unis, comme en Europe. En revanche, on veut imposer à l’Afrique des politiques de « libre-échange », comme les Accords de partenariat économique (APE).

La crise économique s’approfondissant, les idéologues du système capitaliste pensent que l’Afrique détiendrait les clés de la survie du système, à cause de ses ressources naturelles. Pour mettre la main sur ces ressources, l’impérialisme a recours à une vaste stratégie de déstabilisation de l’Afrique, par la destruction des Etats (Libye), l’instrumentalisation du terrorisme, la multiplication des interventions et la signature des traités militaires. A cet égard, les Etats-Unis, avec le projet AFRICOM, et la France sont en première ligne. Le projet en cours d’une force anti-terroriste de 10.000 hommes par 5 pays du Sahel (G-5 Sahel) risque d’être un autre instrument au service de la stratégie de militarisation de l’Afrique.

Les pays de la « ligne de front » anti-impérialiste
Plusieurs pays sont aujourd’hui parmi les cibles principales de l’impérialisme occidental, particulièrement des Etats-Unis. Au Moyen Orient, on peut citer l’Iran, la Syrie et dans une moindre mesure le Liban, à cause de l’influence du Hezbollah, ainsi que Gaza. En Amérique latine, le Venezuela, Cuba et l’Equateur sont les principales cibles de l’impérialisme yankee. En Asie, la cible est la Corée du Nord

Les Conférenciers
Les débats seront introduits par Demba Moussa Dembélé, président d’ARCADE ; Ndongo Samba Sylla, de la Fondation Rosa Luxemburg ; et Ousseynou Ndiaye, de Yoonu Askanwi.

Agenda
9:00-9:30: Arrivée & inscription des participants
9:30-9:45: Mots de bienvenue de la FRL
9:45-10:00: Introduction d’ARCADE
10:00-11:00: Interventions de Demba M. Dembélé, Ndongo S. Sylla & Ousseynou Ndiaye
11:00-11:15: Pause-santé
11:15-11:30: Intervention de l’Ambassadeur du Venezuela (à confirmer)
11:30-13:00: Débat général
13:00-13:15: Synthèse & conclusion
13:15-13:30: Infos et divers
13:00: Cocktail

Pour rappel :
Quoi : L’impérialisme: de Lénine à aujourd’hui
Qui : ARCADE et Fondation Rosa Luxemburg.
Quand : Samedi 08 juillet à partir de 09h30.
Où : Centre de Bopp.
Web: www.rosalux.sn ; www.arcade-afrique.org