Samedi de l’économie » du 15 avril 2017

Lieu : Centre de Bopp
Thème : Macky Sall, 5 ans après : quel bilan ?
Introduction
Le Président Macky Sall vient de célébrer cinq années au pouvoir. Beaucoup de promesses avaient été faites, tant sur le plan économique, social, politique qu’institutionnel. Des « ruptures » avaient été annoncées, dont l’instauration d’une gestion « sobre et vertueuse ». Des centaines de milliers d’emplois avaient été promis aux jeunes. Le Plan Sénégal émergent (PSE) était censé mettre le pays sur le chemin de « l’émergence ».
Cinq ans après, quel bilan objectif peut-ont établir à propos du régime de la deuxième alternance ?
1) La part belle au capital étranger
Pour les tenants du pouvoir, le bilan serait largement positif sur le plan économique et social. Pourtant, de leur propre aveu, certaines promesses n’ont pu être réalisées. Le chômage continue de faire des ravages au sein de la jeunesse. Plusieurs entreprises nationales sont en difficulté ou ont fermé leur porte. Les entreprises étrangères contrôlent l’essentiel du marché des infrastructures, y compris dans le secteur du bâtiment, au détriment du secteur privé sénégalais, qui a pourtant une expertise avérée dans ces domaines.
Le contrôle de secteurs-clés de l’économie par des entreprises étrangères explique que les taux de croissance de plus de 6% exhibés par le régime profitent plus à ces dernières et à une petite minorité connectée au régime qu’à la grande majorité du peuple sénégalais dont les conditions de vie continuent de se dégrader.
2) Echec de la « gouvernance sobre et vertueuse »
La découverte du pétrole et du gaz a à la fois soulevé d’immenses espoirs et alimenté de grandes polémiques. L’implication du frère du Président et la signature de contrats pétroliers dans des circonstances nébuleuses avec des sociétés au passé douteux ont provoqué des doutes quant à la transparence dans l’exploitation et la gestion des ressources minérales. Au point que certains parlent déjà de « la malédiction des ressources naturelles » qui guetterait le Sénégal.
La gouvernance des ressources naturelles du pays et des institutions constitue une des faiblesses majeures du bilan du régime de Macky Sall. D’aucuns disent que le pays a connu un grave recul démocratique avec les reniements du Président, par rapport à la durée de son mandat et à son engagement de soutenir les Conclusions des Assises nationales. C’est dans ce cadre qu’il avait mis sur pied la Commission nationale de réforme des institutions (CNRI), présidée par le Professeur Amadou Makhtar Mbow, Commission dont il rejettera finalement le Rapport. Sans mentionner, pointent certains, une grande restriction des libertés démocratiques, avec l’instrumentalisation de la Justice qui a conduit au harassement et à l’incarcération de leaders de l’opposition. Si bien que pour la première fois depuis longtemps, on peut parler de prisonniers politiques au Sénégal !
Le Conférencier
Pour introduire les débats, ARCADE et la FRL ont invité le Docteur Mamadou Lamine Diallo, président du mouvement Tekki et député à l’Assemblée nationale.
Mamadou Lamine Diallo est Ingénieur de l’École Polytechnique de Paris et Docteur en économie de l’École des Mines de Paris. Après quelques années en France, il rejoint la Banque mondiale à Washington en 1990. Il rentre au Sénégal, en 1993, pour travailler à la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO). Il sera détaché au Cabinet du Premier ministre du Sénégal comme Conseiller technique, de 1994 à 2001. Puis il retrouvera la Direction de la Recherche et de la Statistique de la BCEAO.
De 2003 à 2006, il fut détaché auprès de la Commission de l’Union Africaine, en tant que directeur de Cabinet adjoint, puis directeur de Cabinet du président de la Commission de l’Union Africaine. Il quitte la BCEAO au début de l’année 2010 alors qu’il assumait les fonctions de Contrôleur général par intérim de cette institution pour se consacrer à l’action politique et à la publication. Il a été élu député lors des élections législatives de 2012.
Ouvrages et Publications
Auteur de plusieurs articles économiques et de communications, Dr. Diallo a publié deux essais.
Le premier, Les Africains sauveront-ils l’Afrique ?, a été publié en 1996 aux éditions Karthala à Paris.1 Il s’interroge sur la pertinence des politiques d’ajustement structurel dans un environnement dans lequel les axiomes de l’individualisme méthodologique ne fonctionnent pas et interpelle les Africains sur leur responsabilité directe dans le devenir du continent.
Le second essai, Le Sénégal, un lion économique ?, a été publié en 2004.2 Dans cet essai, le Dr. Diallo soumet le slogan du « Sénégal émergent » à l’épreuve de l’analyse économique.
En 2010, il publie un ouvrage sur les principes et méthodes du « responsabilisme » dans lequel il définit la doctrine de son mouvement Tekki.
Agenda
9:00-9:30: Arrivée & inscription des participants
9:30-9:45: Mots de bienvenue de la FRL
9:45-10:00: Introduction d’ARCADE
10:00-10:45: Intervention du Dr. Mamadou Lamine Diallo
10:45-11:00: Pause-santé
11:00-12:30: Débats
12:30-12 :45 : Synthèse & conclusion
12 :45-13 :00 : Infos et divers
13:00: Cocktail
Pour rappel :
Quoi : Macky Sall, 5 ans après : quel bilan ?
Qui : ARCADE et Fondation Rosa Luxemburg.
Quand : Samedi 15 avril à partir de 09h.
Où : Centre de Bopp.
Web: www.rosalux.sn ; www.arcade-afrique.org