04-05/12/2017 à Conakry: Conférence sur l’extraction minière en Afrique

Atelier 04 – 05 Décembre 2017, Conakry (Guinée).

Thème général : « L’exploitation des ressources naturelles en Afrique: quelles sont les responsabilités pour les acteurs nationaux et internationaux aujourd’hui?
L’extraction minière a toujours été une activité économique majeure en Afrique et a suscité de nombreux espoirs de développement, espoirs encore renforcés par le boom du cours de certaines matières sur les marchés mondiaux depuis quelques années.
Cette activité économique a un fort potentiel. L’exploitation de certaines matières premières pourrait contribuer à l’amélioration de la situation économique et sociale de l’Afrique, en créant de l’emploi dans le secteur minier et en ayant un effet d’entraînement sur d’autres secteurs de l’économie. Elle devrait également améliorer les ressources de l’Etat, et partant, sa capacité à assumer des dépenses utiles pour la société (éducation, santé, infrastructures, etc.). Pourtant il n’en n’est rien car le secteur minier traverse une crise avec la baisse de la demande en minerais africains, ou encore avec le ralentissement de la croissance et l’effondrement de la demande d’importants clients tels que la Chine ; même si cette affirmation pourrait être tempérée par l’apparition de nouveaux clients potentiels, comme l’Inde.
Force est de constater que pour l’instant, la contribution du secteur minier au développement demeure encore très faible. Les entreprises minières mettent en avant leurs actions volontaires en faveur des communautés locales, menées au titre de leur “responsabilité sociale et environnementale” (RSE), alors même que ces programmes n’ont que des résultats limités ; dans le même temps, elles obtiennent des exemptions fiscales et sociales leur permettant de tirer le meilleur profit de leur activité, et vont parfois jusqu’à commettre des violations des réglementations existantes lorsque celles-ci leur semblent trop contraignantes. Pour les populations, elles attendent encore de pouvoir bénéficier des dividendes de l’exploitation minière, que ce soit au niveau du marché de l’emploi, de l’industrialisation ou encore au niveau des dépenses sociales. Jusqu’à quand cette situation va durer et par quels moyens peut-on y remédier ? Comment obtenir des décideurs africains qu’ils adoptent un comportement responsable dans le cadre de la gestion des ressources minières? Quel pourrait-être l’apport de la société civile (syndicats, ONG et les communautés locales) dans la quête d’une meilleure gestion de ces ressources ?
Ces questions essentielles ont déjà fait l’objet de discussions et d’échanges fort intéressants, lors de la conférence minière organisée en 2013, à Accra, par la Fondation Rosa Luxemburg et ses différents partenaires. La problématique des ressources naturelles, est depuis quelques temps, inscrite comme priorité sur l’agenda intellectuel de la Fondation Rosa Luxemburg. Sa prise en charge dépasse aujourd’hui largement le cadre étatique. Elle, concerne de nombreux acteurs et dévoile des intérêts financiers et humanistes antagonistes, entre les lois du marché et le droit des populations. En droite ligne des débats initiés à Accra, la FRL et ses partenaires ont souhaité continuer et approfondir le débat sur la problématique minière, en tentant cette fois-ci d’impliquer les principaux acteurs du secteur, et surtout les décideurs et responsables des grandes firmes, en les conviant à échanger autour de thématiques susceptibles de faciliter le dialogue et le partage d’expériences. Il s’agit ici de les amener à prendre véritablement conscience de leurs responsabilités, mais aussi de les sensibiliser sur les principaux enjeux dans ce secteur.

Les thèmes de l’atelier
– Thème I : exploitations minières : profits et paradis fiscaux;
– Thème II : Droits au travail et conditions de vie des travailleurs dans les mines africaines ;
– Thème III : exploitations minières : impacts environnementaux et communautaires.